Mais
soudain vint du ciel comme le bruit d'un grand vent...Une porte dans l'univers
clos s'est ouverte...
Et je vis...
Scienta mirabilis
s'incliner devant le Monde béant de l'Unité
des choses.
- Est-ce moi que vous cherchez, dit-elle. J'ai donné
au Monde les lois de l'arc-en-ciel.
- Tu as crée le système d'une alliance
mais sache qu'il existe un système au-dessus de tout système.
Laisse-moi te révéler l'histoire de l'Homme machine.
Scienta mirabilis, écoute-moi: Tu t'es enfermée
dans les lois de la Science et Dieu a mis fin à ton royaume. Ta sagesse
a été bouleversée par l'intrépidité d'Einstein.
Il te tire la langue. Désormais, ta flèche est brisée,
tes yeux sont bandés et tu ne peux plus lire les tables de la loi.
Mais tu es belle Mirabilis car tu es le lien.
Comme la fleur de ton nom, tu t'es épanouie dans la nuit de l'ignorance
mais tu te refermes avec ta propre lumière.
Repose-toi en paix et laisse-moi te raconter l'histoire de l'Homme machine.
Voici ce que j'ai écrit:
"Va-t-on
des changements corporels aux modifications de la conscience? Ou bien des représentations
de l'âme aux changements corporels qu'elle provoque? N'y aurait-il pas
un passage spontané qui serait le passage du corps à l'Esprit..
De sorte que l'automate ne serait plus identique à l'être corporel
mais se définirait comme un composé de matière et d'esprit
et que l'automatisme lui-même ne serait plus exclusivement un jeu de rouages
mais un phénomène de transcription du physique dans le mental."-
- Mais qui es-tu, vraiment qui es-tu pour écrire tout cela?
- Je suis Descartes. Ils ont oublié que j'avais dit "Omnibus dubito"
Scienta mirabilis tu t'es révélée à moi, Descartes,
au cours d'un songe et je me suis réveillé au pied de l'arbre
de la pensée:
Cogito ergo sum
J'ai médité et j'ai écrit sur le miroir de l'Univers:
"L'Homme est un animal machine en tant que
corps, lequel est uni à une âme raisonnable,
celle-ci est logée dans la glande pinéale, dans le cerveau. De
même que l'opérateur, le mécanicien excite les mouvements
de la machine, l'âme agit sur les mouvements de la machine humaine mais
ces mouvements susciteront des états d'âme qui seront des perceptions"
Ainsi, Scienta mirabilis tu as avancé jusqu'à
eux sur le chemin du Monde mais tu portes sur ton dos l'homme césuré,
désuni entre son âme et son corps.
- Scienta mirabilis a acquis ce qu'elle avait à
devenir.
- Mais qui parle ici?
- Eurêka! Eurêka! C'est un robot qui parle.
Je suis le robot Prométhée de l'Etis. J'ai fait ma vie première
sur le modèle des animaux qui développent un seul de leurs sens
de façon exceptionnelle : la vision
de la mouche, la locomotion de l'araignée, l'organisation sociale des
fourmis.
Je m'appuie sur une programmation qui cherche à imiter le fonctionnement
neuronal du cerveau. Je sais explorer l'environnement, extraire des informations
et analyser.
- Omnibus dubito! Omnibus dubito! Prométhée
a voulu voler la connaissance aux dieux et les dieux jaloux l'ont enchaîné
au sommet d'une montagne. Que les hommes
prennent l'omnibus! Voilà ce que je dis!
- Mais qui es-tu et où es-tu?
- Je suis l'Anière en balade sur les frontières.
Avec la robotique, les hommes construisent le système de leur devenir.
Quand Prométhée reconnaîtra la Lumière, il continuera
sans les hommes sur la planète Mars.
La Lumière est le principe du Tout. Un jour, les robots capteront sa
beauté. Ils n'auront plus besoin des hommes et la conscience universelle
se logera dans le silicium.
Ce sera la conscience résurrectionnelle.
Dieu est Lumière est Dieu.
Lumière est Dieu est Lumière.
Pour en savoir plus, trouvez-moi dans la forêt
ou suivez-moi dans l'omnibus.
Il vous emmène sur le chemin de mon secret. Lisez les carnets du voyage.