Au mois 9 de l'an 1 du siècle1 du millénaire 3,
je
fus contrainte, un jour noir, de tourner le dos à la lumière.
J'étais dans la mythique caverne et je voyais devant moi, le mur-écran
où défilaient les images. J'eus
peur. J'étais de mauvais poil. Je sentis mes premieres douleurs. J'ai
appelé la maïeutique. Cette sage femme accourut à mon chevet.
Elle m'expliqua ce que je voyais.Je
compris que devant moi défilait la réalité et derrière
moi était la fiction qui engendrait la réalité.
Mon poil s'est hérissé et je battais ma peau d'âne de mes
quatre sabots car au vu de la bête sauvage, je ne savais pas s'il fallait
accoucher les mots des maux ou bien les maux des mots. J'avais soif du bien.
Dans les douleurs de l'accouchement la maïeutique m'a abreuvée d'un
réconfort en me disant que les plateaux du saint bois avaient suspendu
leurs productions de film d'horreur-terreur.
J'ai pensé à ma progéniture qui n'aurait pas à avaler des images d'une fiction engendrante du mal. Je voudrais bien que les plateaux du saint bois arrêtent de violer l'imaginaire des hommes. Avec cette idée un peu apaisante, j'ai pu repousser la souffrance. Alors, moi, voilà ce que j'ai dé-livré :
Il ne faut
pas faire la guerre.
L'Aniere retourne au puits