Ah! que j'aime cette photo car elle me rappelle la dernière rencontre que j'ai eue avec Babilim avant de le quitter dans le temps du manuscrit. Je me souviens bien. Nous étions au sommet d'une colline et le jeune homme venait me dire au revoir. Il avait les yeux brillants. Il était si joyeux. Je dirais même exalté. Quelque chose d'important venait de se produire.
Mais voici notre conversation de la page 110 du roman

- Regarde enfant, nous sommes pris dans les ombres des nuages et parfois c'est le soleil qui nous inonde.
- Nous avançons sous la demeure des dieux quand les nuages boivent la lumière du soleil.

Il y eut un silence.
La conversation reprit sur la piste sage des réalités visibles.

- A tes pieds enfant, c'est la rivière Oronte que les paysans d'ici nomment parfois le Rebelle. De ce côté ci, elle vient de la montagne des cèdres et par là elle se jette dans la Mer Supérieure en faisant un coude au niveau d'Alalah. Si tu regardes en face de toi et si tu marches pendant quelques jours, tu pourras voir la Mer Supérieure mais il faut traverser le Djebel Ansarye. Parfois il est nécessaire de contourner la difficulté. Demain, je descendrai le cours de l'Oronte jusqu'à Emèse en direction de Halab pour éviter le Djebel.
Je ferai la traversée de la forêt comme vous chers amis internautes si vous choisissez de cliquer sur l'arbre!
Mais prenez garde à ne pas vous perdre sur ce chemin!  Vous vous éloignez de la piste principale.
 


- Maître, où est-ce que vous allez? 
- Je vais à Ugarit. 

- Ugarit, Ugarit? C'est un lieu magique pour moi car il est chargé du souvenir d'Ur Nanshe. Les métaphores musicales font vibrer mon esprit du bruit de la grande lyre.

Le contact avec la nature âpre des choses me procurait des sensations abruptes que je n'analysais jamais. Les paroles de Babilim m'invitaient à satisfaire une curiosité qui ouvrait mes pensées dans un domaine inconnu. J'appréciais la faculté du jeune scribe à dériver et rebondir avec facilité d'une parole à l'autre en provoquant le choc des mots avec le bruit des choses. Et je lui répondis:

- Ugarit, c'est la ville de la musique. C'est là que je suis né. Ugarit c'est la ville des Sources, elle est entourée par l'eau, au bord de la mer Supérieure.

- Alors on peut dire aussi que Ugarit c'est la musique de l'eau?

- Ugarit te convient, enfant, il faudra venir vers le grand ouest.