Voici Tadmor, la ville aux 1000 palmiers. Maintenant, vous la connaissez sous le nom de Palmyre. Au temps du manuscrit, j'ai fréquenté ce lieu avec Babilim.

Je me souviens. A la page 99, nous marchions sur cette piste immuable du pays amorrite, glaciale la nuit, torride le jour. Je savais que nous pouvions atteindre Tadmor avant la prochaine nuit. J'encourageais les hommes. Ce soir-là, l'enfant s'était encore pris de bec avec les devins. Ecoutez les se chamailler:

"- Le dieu qui descend de la montagne de la connaissance pourra emprunter le chemin des nuages ce soir pour revenir dans sa maison de la base.
- Oui, il n'aura pas besoin d'escabeau.

- Alors les nuages, c'est Dur An Ki sur la voie d'Enlil, dit Bab en se mêlant à leur conversation.

- Qui te l'a dit ?
- Comment peux-tu savoir cela ?

- Quand les dieux se fâchent, ils bousculent les nuages de l'enclos et font entendre leurs voix.

- Enfin, reprit Num Gugu, les spécialistes du monde des dieux, c'est nous. Les scientifiques, c'est nous. Comment peux-tu savoir que les nuages, sont le lien des dieux entre le ciel et la terre?

- Parce que je les vois.
- Parce qu'il les voit, parce qu'il les voit, tu entends ça, Num, et nous qui avons mis des années à trouver ça!

- Pardon si je vous ai encore plantés, dit Bab. Il faut regarder les choses simplement. Les nuages sont la caravane des dieux du ciel.
Ils viennent du côté de la Mer Supérieure. Ils amènent avec eux les voyageurs de l'au-delà.

- Cela suffit dirent les devins vexés."

Pour interrompre leur dialogue qui tournait à l'affrontement, je dis à l'enfant:
- Bab, mon petit, ici on est à la moitié du voyage. Nous allons nous reposer une journée et tu dois manger tout ce que l'on va t'offrir car tu dois reprendre des forces pour pouvoir continuer. Il faudra encore cinq jours pour rejoindre le fleuve Oronte jusqu'à la ville de Qatna.

- Maître je ne comprends pas pourquoi les devins sont si âpres à mon égard. Ils sont en train d'agencer quelque chose contre moi.

C'est ce qu'il m'a répondu.