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C'est moi qu'ils ont choisi. Oui, je me souviens. Les devins étaient
âpres au gain et la discussion était difficile. Mais, c'est
moi qu'ils ont choisi!
C'est
ici le paysage mental de notre parcours dans le désert.
Ne
soyez pas surpris, l'Anière photographie aussi le mental!
Les devins faisaient annuellement deux voyages entre Mari et Ebla, pour surveiller leurs ateliers de textile et d'huilerie. Ils réalisaient un négoce considérable avec les marchands des villes de Tuttul et d'Imar, au départ des caravanes vers le Sinjar.
Les pistes de l'Euphrate qui reliaient les deux royaumes n'avaient pas de mystère pour eux. Ils s'étaient initiés aux caprices des nomades avec lesquels il fallait parlementer, troquer sans cesse et discuter des droits de passage. Leur sens du commerce les avait poussés à manipuler habilement le dialogue avec les Hanéens et les Benjamites. Ils entretenaient des relations mêlées de respect réciproque. Sur le terrain, leur connaissance des étoiles, leur sagesse dans le calcul des risques en faisaient des guides sûrs. Même les pentes déversées et les éboulis de la passe de Halabit, redoutée de tous, n'étaient plus de réels obstacles pour eux.
Cependant,
comme tous les hommes avides de connaissances profitables, les devins avaient
décidé de changer leur itinéraire en prenant par la route
du désert, un chemin vers Ebla. Ils recherchaient un accroissement de
leurs échanges commerciaux avec les marchands égyptiens qui fréquentaient
les bourgs de l'Oronte.
Sur cette piste du désert, ils étaient
des néophytes et ne pouvaient se passer d'un convoyeur au moins jusqu'à
la ville de Qatna.