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Enfant, nous sommes au mois d'abum. Cette terre est comme pays de Dilmun. Le
cocher de Shamash emprunte le chemin de l'enclos chaque jour un peu plus haut.
Il réchauffe les limons des rigueurs de l'hiver.
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La terre s'offre au soleil comme un prélude à l'union sacrée
de la lumière, de l'eau, de la matière qui engendre le souffle
de la vie.
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Mais enfant, qui t'a appris à parler ainsi?
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C'est mon Père qui disait cela lorsque nous étions à Ebla.
Mon Père était Scribe, maître d'une éduba.
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Enfant, regarde le mal que les hommes se donnent pour assainir les canaux qui
alimentent les champs. L'eau est tellement nécessaire à la vie,
mais vois-tu, elle est capricieuse, elle est libre, elle est belle. A Ebla,
tu ne connaissais pas le phénomène de la crue de l'Euphrate mais
ici à Mari, la crue est attendue et redoutée à la fois.
Quelquefois, elle est si abondante qu'elle entraîne sur son passage toutes
les cultures des hommes, elle arrache la terre et fait souffrir la nature mais
en dépit de tout cela, on la guette, on l'attend, on la craint, on la
redoute, on se réjouit et on l'aime enfant, on l'aime."