L'Anière a pris cette photo du Rio Grande lors de son séjour aux USA, à la fin de ce deuxième millénaire.
A la frontière entre le réel et l'imaginaire se font les transpositions.
Un fleuve est un fleuve. Pourquoi pas l'Euphrate?

Alors, je vous indique la page 47 du manuscrit.
Nous sommes en 2400 av.J.C, dans le pays d'Entre les deux fleuves en Mésopotamie. Babilim est un jeune enfant, fils de scribe. Il vient d'être déporté et vendu comme esclave aux portes de Mari. Il a perdu sa famille. Ecoutez-le, il converse avec son nouvel ami Ur Nanshe que vous avez peut-être déjà rencontré:

- Enfant, nous sommes au mois d'abum. Cette terre est comme pays de Dilmun. Le cocher de Shamash emprunte le chemin de l'enclos chaque jour un peu plus haut. Il réchauffe les limons des rigueurs de l'hiver.

- La terre s'offre au soleil comme un prélude à l'union sacrée de la lumière, de l'eau, de la matière qui engendre le souffle de la vie.

- Mais enfant, qui t'a appris à parler ainsi?

- C'est mon Père qui disait cela lorsque nous étions à Ebla. Mon Père était Scribe, maître d'une éduba.

- Enfant, regarde le mal que les hommes se donnent pour assainir les canaux qui alimentent les champs. L'eau est tellement nécessaire à la vie, mais vois-tu, elle est capricieuse, elle est libre, elle est belle. A Ebla, tu ne connaissais pas le phénomène de la crue de l'Euphrate mais ici à Mari, la crue est attendue et redoutée à la fois. Quelquefois, elle est si abondante qu'elle entraîne sur son passage toutes les cultures des hommes, elle arrache la terre et fait souffrir la nature mais en dépit de tout cela, on la guette, on l'attend, on la craint, on la redoute, on se réjouit et on l'aime enfant, on l'aime."